L'attente, déstabilisante et source de stress?
Peu de cadres échappent à la course à la rentabilité. Et à la mise sous pression qui va avec. De plus en plus, ils découvrent une autre forme de pression – l’attente. L’attente de signature d’un contrat important, l'attente de décisions sur vos orientations de travail, l'attente d'informations sur l'avenir de votre service...
Et « l’anti-pression » monte. Certains papillonnent, zappent d’une tâche à une autre, d’autres ne se mettent plus en action du tout. Tout en sachant qu’au bout du compte, il va falloir rattraper le retard … Les plus zen ont appris à prendre du recul. Comment vivre ces périodes d’attente sereinement ? Les coachs de CadresOnLine vous guident dans cette quête du mieux être au travail.
Virginie est en arrêt de travail, elle est fatiguée et elle se sent sous pression. Elle veut se réorienter, faire autre chose, quitte à changer d’employeur ou reprendre une formation. Elle fait des journées très longues, et passe systématiquement ses weekends à faire préparer une présentation, finir un rapport, terminer une analyse, bref à travailler. Elle me dit : « D’habitude je suis très efficace, mais depuis quelques mois j’ai l’impression de ne rien faire de mes journées, je papillonne, je vais à droite et à gauche, je discute, et entre temps le travail n’est pas fait. »
Je découvre que Virginie est cadre supérieur fonctionnel dans une entreprise en période de fusion. Elle est responsable d’une petite équipe, et son département est en réorganisation structurelle. Du fait de la fusion, le département prend de l’importance, et intègre petit à petit des personnes de sociétés différentes. L’organigramme du nouveau département n’est pas encore établi. Elle me dit : « Je me suis investie depuis des années, j’aime le travail que je fais et j’ai toujours eu des retours très positifs. Je voudrais bien évoluer dans cette nouvelle organisation, mais aujourd’hui, je ne sais pas où je vais, quelle sera ma place demain dans ce nouveau département ? J’en perds ma confiance en moi » .
Virginie est typiquement dans une période d’attente. Elle fait « acte de présence » – des longues journées inefficaces, qu’elle alterne avec de l’absence – arrêt maladie. Elle prend les choses en mains – je vais changer de boulot, et elle se met la pression. Je demande à Virginie ce qui dépend d’elle dans cette situation. Pour cela, je lui propose de faire un petit tableau à deux colonnes. La première s’intitule « Ce qui dépend de moi ». La deuxième « Ce qui ne dépend pas de moi ». Et elle constate qu’elle passe beaucoup de son temps et de son énergie sur la deuxième colonne. Je lui explique qu’il lui appartient de réagir à la réalité et non pas de vouloir la changer. C’est un peu comme la météo. S’il pleut et que je suis justement en vacances, je peux me mettre en colère, être de mauvaise humeur ou tout simplement attendre que le soleil revienne et ainsi gâcher mes congés. Ou bien, je peux en profiter pour me balader sous la pluie de l’été ou aller visiter cette exposition qui me tentait depuis longtemps.
Virginie se rend compte qu’en se concentrant sur ce qui ne dépend pas d’elle, elle n’a plus l’énergie pour s’occuper de sa réalité, c’est-à-dire de son travail quotidien. Avec tous les risques qui en découlent. Elle a regardé sa réalité en face, a identifié la place qu’elle aimerait avoir dans la nouvelle organisation, et elle a préparé un dossier avec des propositions stratégiques concrètes. Elle a aussi réfléchi à d’autres pistes et elle a sollicité un rendez-vous avec le DRH pour parler des perspectives en internes. Et elle fait son travail quotidien de manière efficace, comme à son habitude. Du coup, elle peut vraiment se détendre pendant le weekend.
L’été est une période propice à l’attente. Souvent vous avez terminé vos dossiers, envoyé vos propositions commerciales ou organisationnelles ou vos candidatures. Entre la période frénétique pour répondre dans les délais à une demande et la décision finale il y a toujours un temps de latence (du latin – caché) : c’est le temps nécessaire à la propagation du signal que vous avez émis et la réaction de l’autre. Pendant ce temps là, la suite ne dépend plus de vous. Revenez donc à votre réalité. Faites un tableau comme Virginie, et concentrez-vous sur la première colonne :
Catelijne Cloutour Coach certifié, experte en mobilité professionnelle des cadres, Directrice associée de C Puissance 3, spécialiste européen du coaching et de la formation www.cpuissance3.fr
NOUVEAUX POSTES